Si les fondements religieux de la monarchie angkorienne sont dus à Jayavarman II, c'est avec son deuxième successeur, Indravarman (877-889) qu'apparaissent les grandes fondations typiques de la centralisation angkorienne. Celle-ci correspond à une exploitation intensive du sol en rizières irriguées, qui exige d'immenses travaux d'hydraulique agricole: en sa capitale (Hariharalaya, groupe de Roluos à 15 km au sud-est du site de la future Angkor), Indravarman fit édifier les digues d'un vaste réservoir quadrangulaire (3,8 km d'est en ouest pour 800 m du nord au sud), dont les eaux alimentaient aussi les douves des deux sanctuaires dont nous allons parler, car tous ces travaux n'étaient efficaces que parce qu'ils étaient aussi et d'abord des fondations religieuses. En 879 sont consacrées les six tours de brique stuquée du monument de Preah Kô, abritant trois images de Çiva, et trois images de la Déesse, pour trois prédécesseurs d'lndravarman (dont Parameçvara) et leurs épouses, considérés comme des protecteurs du royaume. En 881 est consacré un linga, forme du dieu Çiva associée par son nom, Indreçvara, au roi régnant, au sommet d'un "temple-montagne" qui est la pyramide à cinq gradins de Bakong. Le règne d'lndravarman aurait été pacifique et son autorité reconnue de la Sé-Mun au nord à la région de Chaudoc au sud.
Suite : Yaçovarman.