Vers 790 apparaît Jayavarman II, fondateur de la royauté angkorienne, qui, venu d'une région sous contrôle de "Javâ", rassembla différentes principautés et se fit sacrer, en 802 "souverain universel", sur le Phnom Kulên, qui est une colline située au nord-est proche du site de la future Angkor, et un haut lieu qui s'appelait alors Mahendraparvata, "la montagne du grand Indra", Indra étant, en théologie indienne, le roi des dieux, comme Jayavarman ll, libéré de l'allégeance due à "Javâ" et devenu empereur, était roi des rois sur terre.
Cette cérémonie eut lieu grâce au concours de brâhmanes çivaïtes, le roi et son royaume étant désormais sous la protection d'une forme éminente de Çiva, résidant sur la montagne. En art religieux, cela est traduit par un linga, forme "immatérielle" de Çiva, abrité dans un sanctuaire installé au sommet d'une montagne, éventuellement d'une pyramide à gradins qui représente cette montagne.
La plupart des souverains angkoriens ultérieurs se réclameront de Jayavarman ll, dont le nom posthume, Parameçvara, montre bien qu'il avait reçu une consécration çivaïte personnelle telle qu'après sa mort il était considéré comme ayant réintégré le sein de Çiva, sous sa forme "suprême" (Parameçvara, "le Seigneur Suprême", nom de Çiva).
Suite : Indravarman.